Joaquin Cortes était au Parlement Européen cette semaine, pour discuter de la situation des Roms dans l'Union Européenne. Depuis le dernier élargissement, la minorité Rom est en effet devenue la plus large d'Europe, alors que le sentiment anti-tsigane y est encore fort. Joaquin Cortes est venu soutenir de nouvelles actions pour défendre les droits d'une communauté dont il est originaire.
« Certains d'entre vous peuvent se demander ce qu'un artiste de flamenco fait dans les murs du Parlement européen. Si je suis ici, c'est parce que j'ai compris que cette institution est reconnue comme le champion des droits de l'homme dans l'Union Européenne. Je suis ici parce que mes origines sont Roms et que je soutiens la campagne contre le sentiment anti-Tsigane », a expliqué le danseur.
Le peuple Rom, victime de discriminations
Entre 7 et 9 millions de Roms vivent dans l'Union Européenne (UE), la plupart dans les nouveaux pays membres d'Europe centrale. La Roumanie, qui rejoindra l'UE le 1er janvier prochain, en compte le plus grand nombre, entre 1 et 2 millions. Pourtant, le peuple Rom continue de souffrir de discriminations dans de nombreux domaines : l'accès à l'éducation, la représentation et la participation politique, le logement et l'emploi.
« Si les stéréotypes considèrent généralement les Roms comme les auteurs de crimes, la réalité veut que plusieurs d'entre eux en soient les victimes», note le rapport annuel 2006 sur le racisme et la xénophobie de l'Observatoire Européen des Phénomènes Racistes et Xénophobes.
C'est en s'attaquant à ce problème de discrimination qu'on arrêtera le sentiment anti-tsigane, croissant en Europe, a expliqué Joaquin Cortes. « Le chemin entre une résolution du Parlement européen et les villages et villes où habite mon peuple peut être raccourci, si nous nous unissons tous dans cet effort », a-t-il ajouté.
Le Parlement européen impliqué plus que jamais pour défendre les droits des Roms
On compte deux députés européens d'origine Rom au Parlement européen : la hongroise du groupe ALDE Viktoria Mohacsi, ainsi que la hongroise du groupe PPE-DE Livia Jaroka. Cette dernière est l'auteur d'un rapport adopté en juin 2006, qui appelle à prendre des mesures pour combattre le degré élevé de discriminations auquel sont confrontées les femmes Roms. Une résolution d'avril 2005 condamnait également « de la façon la plus énergique toutes les formes de discrimination à l'encontre des Roms ».
Le président du Parlement Josep Borrell a rappelé que « la population Rom doit toujours défendre ses droits fondamentaux. Joaquin Cortes peut promouvoir une image positive de cette cause » et être « le visage incarnant le travail du Parlement pour défendre ces droits ».
Un visage connu pour défendre les Roms, dès 2007 ?
2007 : l'année européenne de l'égalité des chances pour tous
2007 sera donc une opportunité pour l'UE et ses Etats membres de mettre en avant cette cause ; dans sa résolution de 2005, le Parlement avait d'ailleurs exhorté la Commission à « faire figurer la question de la lutte contre la haine anti-Tzigane/la "romaphobie" en Europe parmi ses priorités pour 2007 ».
Une première date importante pourrait être le 8 avril 2007, Journée Internationale des Roms. Une manière d'affirmer clairement que la haine raciale contre les Roms ne pourra jamais être tolérée dans la société européenne.